Construire collectivement une pensée individuelle…enfin presque :)

Mes “semaines sanglantes”

Allusions à la chanson “La semaine sanglante”

1978, Région lyonnaise

Chantier de charpente, je travaille avec un copain, bien plus habile que moi, pourtant à un moment il y a une erreur, un jeu excessif dans un assemblage tenon-mortaise …

Il me vient souvent , comme automatiquement, des chansons qui connotent avec les situations que je rencontre.. Là, j’entonne illico “Oui mais ça branle dans le manche” Et je vois le visage du copain qui blêmit…

– ça va?

– Euh… c’est ce que me chantait une fille pendant qu’on était au lit, et que ça n’allait pas..

1979 Lyon

Je fais partie, sur Lyon d’un groupe de musique folk, genre la paille dans les sabots, enfin presque… Nous avons une partie bal et avant, une partie concert… Dans cette partie-là il y a une chanson , ou plutôt un truc scandé ayant pour nom “dans la vigne”  d’après un poème, que nous répétions plusieurs fois comme une transe, et nous finissions net sur “Oui mais ça branle dans le manche les mauvais jours finiront et gare à la revanche quand tous les…” et c’est là que l’un de nous avait proposé une variante, au lieu de dire “pauvres” nous avons choisis “paumés”, les paroles étaient donc… “quand tous les paumés s’y mettront…”.

Pourquoi remplacer pauvres, par paumés? est-ce qu’à l’époque nous nous sentions plus paumés que pauvres? quoique, nous l’étions aussi . Est-ce que c’était pour se défaire un peu de  certains passés militants… je ne sais plus…

2018 Toulouse

Fac du Mirail, il y a une occupation , ce qui me frappe c’est le saccage des locaux, le fait de les dégrader.. de quoi le vandalisme est-il le nom? je me pose ce genre de questions hautement philosophique..

A la sortie d’un amphi une petite dizaines de jeunes femmes , vingt ans à peine, se mettent en cercle et commencent à chanter… entre autres “la semaine sanglante”…

Il y a un côté assez appliqué, pour bien chanter ensemble comme elles viennent ,semble-t-il de l’apprendre, il n’y a pas très longtemps…  Je m’approche, je fredonne à distance… Mais je remarque qu’au moment de chanter “Oui mais” elles en font un de trop… Normalement on lance le premier “Oui Mais”,  puis on lance le second… et l’on enchaine…. Elles, en font un de plus, ce qui casse complètement le rythme…

Je suis là ,un homme d’une part, vieux d’autre part, qui voit des jeunes femmes d’une certaine façon, casser le rythme de cette chanson, ce qui lui enlève une partie de sa force… je n’ose pas le faire remarquer.

Je marmonne, une autre jeune femme à côté de moi, qui, je l’apprendrais plus tard, est musicienne, me donne discrètement raison, mais n’interviens pas…

Pourquoi, elle, qui est totalement légitime n’interviendra-t-elle pas…?

J’y vois comme une métaphore… de quoi…?

Ho! je vais pas faire tout le boulot quand même… 🙂

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